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Déontologie et éthique du Rotary : Servir d'abord.

Amitié et solidarité...

Lors de la création du Rotary par Paul Harris en 1905, l'amitié et l'entraide professionnelle entre ses membres constituaient les deux piliers de sa philosophie. Mais ces deux grands thèmes qui justifiaient à eux seuls tout l'intérêt, pour les Rotariens, de se réunir et d'être solidaires, ont été complétés très rapidement par la notion de service à autrui. Ils éprouvèrent en effet le besoin de ne pas rester concentrés sur eux-mêmes, de s'ouvrir aux autres, c'est-à-dire de s'investir dans la communauté, d'aider leurs frères humains. "Celui qui sert le mieux profite le plus". Telle fut la première devise du Rotary International, émise par Arthur Sheldon, Rotarien de Chicago, et adoptée en 1911 par la Convention de Portland, dans l'Oregon. Même s'il n'est pas interdit de trouver plaisir, ou plutôt matière à se réaliser soi-même en aidant les autres, on en restait cependant à une conception de prime abord intéressée de l'engagement rotarien. Si bien que presque simultanément, Ben Collins, président du Rotary club de Minneapolis, dans le Minnesota, expliqua que la meilleure façon d'organiser un club, de pérenniser son action, reposait sur le principe adopté par son propre club: "Service above self". "Le service au-dessus de soi", devise traduite en français par "Servir d'abord". Tout le contraire de "Self service". 

Servir son prochain et la société dans son ensemble... 

En définitive, ces deux devises furent adoptées en 1950 par le Conseil Central du Rotary, le profit personnel exprimé dans la première pouvant être assimilé au privilège de servir et à la satisfaction d'aider les plus démunis. Il n'empêche que seule la devise "Service above self" a été retenue, brodée depuis dans toutes les langues sur tous les étendards du Rotary. En 1915, faisant écho à l'intérêt croissant porté par les Rotariens à l'idéal de servir, les délégués à la Convention de San Francisco élargirent les objectifs du Rotary jusque-là circonscrits au club, à ses membres ou aux affaires. Il y ajoutèrent en effet deux items consistant à :

• Stimuler l'intérêt de chaque membre pour sa collectivité et coopérer avec d'autres au développement civique, social, commercial et industriel.

• Stimuler la volonté de chaque membre de servir son prochain et la société dans son ensemble. En fait, la définition des objectifs du Rotary évolua encore au fil des années, jusqu'à l'énoncé en 1951, sous une forme concise, du But du Rotary : "Promouvoir l'idéal de servir auquel aspire toute profession honorable". Le législateur définit ensuite les quatre domaines d'action à investir pour réaliser le But du Rotary :

• Mettre à profit les relations et contacts pour servir l'intérêt général,

• Observer des règles de haute probité dans l'exercice de toute profession ;reconnaître la dignité de toute occupation utile ;considérer la profession de chaque Rotarien comme un vecteur d'action au service de la société,

• Appliquer l'idéal de servir dans la vie privée, professionnelle et publique,

• Faire progresser l'entente entre les peuples, l'altruisme et le respect de la paix par le biais de relations amicales entre les membres des professions, unis par l'idéal de servir. 

Cette définition désormais stable à travers le temps traduit non seulement le caractère professionnel du Rotary mais aussi la volonté de ses membres de servir la collectivité, de promouvoir l'éthique dans les affaires et de contribuer à la compréhension entre les peuples en vue de parvenir à la paix universelle.

Déontologie et éthique du Rotary : Éthique et morale

Ethique ou morale ? A vrai dire, rien dans l'étymologie n'impose une distinction entre ces mots : l'un vient du grec, l'autre du latin, et les deux renvoient à l'idée de moeurs (ethos, mores). Une nuance peut cependant être apportée, selon que l'on met l'accent sur ce qui est estimé bon ou sur ce qui s'impose comme obligatoire. Dans le premier cas, l'adhésion à un système de valeurs est librement consentie. Dans le second le caractère d'obligation de la norme procède d'une approche déontologique, “déontologie” signifiant précisément “devoir”.

L'éthique propose, la morale impose

L'éthique précède la morale. Elle traduit une intention de comportement, de rapport à l'autre, à partir de principes de vie tout d'abord individuels avant d'être intégrés dans un corpus collectif de même contenu. La morale est constituée de l'ensemble des normes propres à un groupe social ou à un peuple à un moment donné de son histoire.

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