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Ethique ou morale ? A vrai dire, rien dans l'étymologie n'impose une
distinction entre ces mots : l'un vient du grec, l'autre du latin, et les deux
renvoient à l'idée de moeurs (ethos, mores). Une nuance peut cependant être
apportée, selon que l'on met l'accent sur ce qui est estimé bon ou sur ce qui
s'impose comme obligatoire.
Dans le premier cas, l'adhésion à un système de valeurs est librement
consentie. Dans le second le caractère d'obligation de la norme procède
d'une approche déontologique, “déontologie” signifiant précisément “devoir”.
L'éthique propose, la morale impose
L'éthique précède la morale. Elle traduit
une intention de comportement, de rapport
à l'autre, à partir de principes de vie tout
d'abord individuels avant d'être intégrés
dans un corpus collectif de même contenu.
La morale est constituée de l'ensemble
des normes propres à un groupe social ou
à un peuple à un moment donné de son
histoire.
L'éthique propose, recommande.
La morale, souvent exprimée sous forme
d'interdits ("Tu ne tueras point"), impose,
commande.
L'éthique a connu de nombreuses transformations
au cours de son histoire. De la
période antique dominée par les éthiques
de la vertu (considérée comme juste milieu
entre deux contraires :par exemple le courage
entre la témérité et la lâcheté) prônées
par les philosophes grecs (Platon,Aristote...)
jusqu'à l'éthique du devoir initiée par
Kant.
La prise de conscience
de l'autre
Par opposition aux codes de la morale
imposés pour atteindre l'universalité, la proposition
de valeurs éthiques présuppose la
liberté de l'homme d'y adhérer ou non.
C'est en effet en fonction de son propre système
de valeurs, considérées comme autant
de références individuelles, qu'il souscrira
aux valeurs collectives du groupe qu'il
cherche à intégrer. Une telle démarche
implique pour l'individu d'atteindre l'équilibre
entre ses aspirations personnelles et la
prise de conscience de l'autre, considéré
comme un autre soi-même, et partant, la
prise de conscience du groupe entier. Parce
qu'elle ne peut se limiter aux relations interpersonnelles,
la sollicitude doit en effet se
doubler d'un souci d'égalité de traitement,
de justice applicable au groupe entier.
Selon StuartMill, ce qui est juste est ce qui
profite au plus grand nombre de personnes,
ce qui accroît le solde total de satisfaction
pour un groupe ou une communauté donnée.
Faisant sienne cette théorie, Nietzsche
a également défini l'éthique comme "le discernement
de ce que la collectivité perçoit
comme juste".
Dans cette acception, le sens de la justice
est impliqué par la notion même de l'autre
et des autres. Il s'en déduit que la recherche
d'une vie bonne ne peut se concevoir dans
une approche individualiste,et que, tout au
contraire, ce but ne peut être poursuivi,
atteint, qu'avec et pour les autres.
Ce sont là les fondements mêmes de l'humanisme, qui, prônant
la liberté et la responsabilité individuelles, place le bien-être
de l'Homme, non comme un moyen mais comme une fin en soi,
au coeur de toutes les préoccupations.
Ce sont aussi là les fondements de l'éthique du Rotary.
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